
Lors d’une séance en informatique en seconde, Louis, 16 ans, fait du bruit et parle régulièrement avec ses camarades. Malgré plusieurs avertissements de la part de l’enseignant, l’élève continue et lui dit « c’est vous qui m’empêchez de travailler ». L’enseignant réagit brusquement (tape la table, emploie des termes grossiers) et l’exclut à la vie scolaire. Louis résiste à l’idée de partir puis, après insistance de l’enseignant, un élève délégué l’accompagne à la vie scolaire. Le conseiller principal d’éducation (CPE) qui le reçoit cherche à lui faire décrire les faits et à comprendre les motifs de son comportement.
L’enseignant dit exclure Louis parce qu’il dérange les autres élèves et refuse de s’arrêter. Il ressent cette exclusion comme un échec personnel et a le sentiment d’être incompétent face à cette situation. Il culpabilise à l’idée de ne pas avoir trouvé sur le moment d’autres alternatives pour la gérer.
Louis, quant à lui, trouve cette exclusion injuste car il juge que son comportement n’était pas grave et ne méritait pas cette sanction. Par ailleurs, il ne la trouve pas efficace car elle ne participe pas, selon lui, à améliorer son comportement. Il aurait préféré que l’enseignant ne réagisse pas spontanément et prenne le temps de le raisonner et le calmer en classe.
Quant au CPE, il explique se montrer garant du dispositif mis en place : l’enseignant doit fournir un travail à l’élève exclu et un billet explicatif au CPE.
Un grand merci à Florent Dequidt, qui a mené ces entretiens dans le cadre de sa formation à l’ENSFEA. Les entretiens ont été re-joués.
